Ce documentaire réalisé par ERTV explique les origines, les objectifs, la mise en place et les conséquences du Traité transatlantique. Composé d’une série d’entretiens avec Pierre Hillard, Pierre-Yves Rougeyron, Jean-Claude Martinez et Maurice Gendre, cette vidéo à la fois pédagogique et complète vous permettra de découvrir qu’au-delà de son aspect parfois technique, le Traité transatlantique risque de modifier notre alimentation, notre santé, d’affaiblir encore davantage l’État, et même de remettre en cause nos libertés publiques.
Une approche critique du projet de nouvel ordre mondial que certaines institutions supra nationales et think tanks tentent de mener à bien sous prétexte de santé publique et de lutte contre le terrorisme ou le réchauffement climatique.
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mercredi 14 mai 2014
Les enjeux du Traité transatlantique - VIDEO
mardi 14 décembre 2010
Gilles Lanneau : "L'affaire Sakineh est sortie tout droit du chapeau occidental
Lundi, 13 Décembre 2010 | Écrit par Maurice Gendre |
Rencontres - Les intervenants externes
« J'ai écrit ce livre dans l'urgence. Quelques minutes avant l'irréparable. En ce temps où notre monde bascule à toute allure dans un gouffre de non-sens, d'absurdité, où le mal se prend pour le bien et fait porter à celui-ci ses propres tares, j'ose élever une petite voix à contresens. Au tribunal de ce monde aux valeurs inversées, je plaide la cause de l'Axe du Mal, et accuse l'Axe du Bien. »
C'est en ces termes que Gilles Lanneau décrit son ambition et sa volonté de faire triompher la Vérité après la sortie de son ouvrage Iran, le mensonge (Diffusion International Edition).
Ce paysagiste de profession, qui a voyagé en Iran, en Inde et au Pakistan dans le cadre de recherches sur la naissance des grands mythes fondateurs de la culture indo-européenne et sur la survivance dans des régions reculées de traditions s'y rapportant, essaie de briser la propagande mensongère et criminelle qui s'abat sur l'Iran.
Entretien réalisé par Maurice Gendre
Qui fut le vainqueur de l'élection présidentielle en Iran ?
Sans équivoque le président sortant, Mahmoud Ahmadinejad. J'ai détaillé dans mon ouvrage Iran, le mensonge le déroulement démocratique des élections. Élections supervisées par des "scrutateurs" représentant les quatre candidats; et ensuite la manière dont furent traitées les plaintes déposées par les perdants, des plaintes avant tout destinées à une utilisation par les média étrangers.
Qui est réellement Mir Hossein Moussavi ? Qui le soutient ?
Le candidat réformateur Mir Hossein Moussavi, ancien premier ministre de la République Islamique d'Iran, a vraisemblablement servi de pion dans la stratégie américano-britannique visant à déstabiliser l'Iran.
J'en profite pour souligner que lesdits réformateurs sont avant tout des partisans du libéralisme économique soutenu par les classes aisées du pays alors que les supposés populistes ou ultra-conservateurs du parti présidentiel prônent et s'efforcent d'appliquer une répartition équitable des revenus du pays.
Que faut-il penser de Rafsandjani ?
Rafsandjani, ancien président de la République et candidat malheureux contre Ahmadinejad à l'avant dernière présidentielle, mais aussi l'un des hommes les plus riches du pays, vieux renard de la politique, pesant de tout son poids en tant que président du Conseil du Discernement sur les affaires du pays, est le moteur réel du mouvement réformateur dont Moussavi n'est que la vitrine « présentable ».
Qui étaient les véritables organisateurs et les soutiens des manifestants ?
Les Etats-Unis bien sûr. Madame Clinton l'a même affirmé publiquement.
L'Angleterre, de façon plus insidieuse mais non moins efficace (je vous renvoie à mon chapitre L'affaire Neda Agha-Soltan). La sale besogne revient aux Moudjahidins du Peuple et autres reliquats malsains de l'après Révolution.
Quels sont les succès économiques et sociaux de Mahmoud Ahmadinejad ?
D'abord, à mon sens, la loi-phare instaurée sous son premier mandat, mal perçue par l'élite cultivée du pays et complètement occultée par les média occidentaux, déclarant chaque citoyen actionnaire de la principale ressource iranienne, le pétrole. D'où la distribution de dividendes chaque année en fonction des bénéfices réalisés.
Viennent ensuite, dans la continuité de ses prédécesseurs : l'autosuffisance nationale en produits alimentaires de base, ce qui n'est pas une mince affaire compte tenu du climat à dominante semi-désertique; un système de sécurité sociale performant, un salaire minimum garanti, et la retraite après 30 ans d'activité professionnelle (25 ans pour les femmes) garantissant 95% du revenu salarial, plus une prime de départ.
Où en est le programme nucléaire iranien?
Le programme nucléaire iranien, civil précisons-le, découle du constat de l'augmentation croissante des besoins énergétiques du pays, due à l'augmentation de la population et à celle du niveau de vie, ainsi que la perspective d'un épuisement des ressources en hydrocarbures estimé à dans dix ans si le rythme de la consommation actuelle se poursuit.
Le nucléaire allié à l'hydroélectrique, à l'éolien et au solaire, fait donc partie des alternatives au « tout hydrocarbure ».
Quant à l'hypothèse du nucléaire militaire, les Iraniens sont parfaitement conscients que l'envoi d'une seule bombe A sur un pays tiers signerait l'anéantissement de leur propre pays.
Que dévoile l'affaire Sakineh ?
Cette affaire Sakineh est sortie tout droit du chapeau occidental au moment même où l'Iran procédait à la mise en service de la centrale nucléaire de Bousher. Une manière d'occulter l'échec des nombreuses tentatives pour faire « capoter » cette réalisation. De retour d'un voyage en Iran, je peux affirmer que l'application de la peine de mort par lapidation en Iran n'est qu'un mensonge supplémentaire à ajouter au dossier volumineux de la désinformation.
La peine capitale (par pendaison), que je désapprouve personnellement, n'est appliquée qu'aux meurtriers sans circonstances atténuantes ainsi qu'aux « gros bonnets » du trafic de la drogue.
Les querelles entre Ahmadinejad, Larijani et le guide suprême Khameney sont-elles aussi fortes qu'on le prétend en Occident ?
Le fait que le pouvoir du pays soit partagé à des degrés divers entre différentes composantes induit forcément quelques tiraillements. Rappelons que la Constitution iranienne a souhaité ces différentes composantes dans le but d'éviter toute tentation autoritariste. Ceci étant dit, la vision politique des trois hommes reste la même sur l'essentiel.
Quelle est l'influence de l'Iran dans les Territoires occupés et au sud-Liban ?
L'Iran aide les Palestiniens et le Hezbollah libanais, c'est indéniable. Une aide financière et matérielle laissant libre les parties de l'utiliser à leur convenance, semble-t-il.
De même que l'Occident vis-à-vis d'Israël ou des régimes africains qui leur conviennent. Mais pourquoi ne parle-t-on pas de même de l'aide similaire que procura l'Iran au commandant Massoud en Afghanistan, ou à l'Arménie chrétienne lors du conflit du Haut-Karabakh.
Quelles sont les factions qui poussent à la guerre ?
Des factions iraniennes ? Aucune à ma connaissance. Seul l'Occident saurait retirer des bénéfices à un conflit qui ne peut - au minimum - que rabaisser une puissance émergente et relancer par la même sa propre machine économique.
Que faut-il craindre pour l'Iran dans les semaines ou les mois qui viennent?
Le pire... ou rien du tout. Les Iraniens dans leur ensemble sont convaincus que ces bruits de bottes ne sont qu'un bluff d'intimidation, et rien de plus, j'ai pu le mesurer lors de mon dernier voyage.
Ont-ils raison? Saddam Hussein a cru la même chose... et s'en est mordu les doigts. Je pense que la plus grande vigilance est de rigueur, ce "pire" pouvant très bien arriver au moment où l'on s'y attend le moins.
L'Iran aura-t-il les moyens en cas d'attaque de riposter et d'infliger de lourdes pertes à ses agresseurs ?
Je n'en sais rien... tout en espérant que l'Iran -si cette malheureuse hypothèse se réalise - nous surprenne agréablement.
Quel est le sort des minorités religieuses en Iran?
J'ai consacré un sous-chapitre à ce sujet. L'Iran, à la suite de la Perse, a une longue tradition de tolérance religieuse.
La première déclaration des droits de l'homme a été dictée au VIème siècle avant notre ère par Cyrus le Grand et aucun tribunal de l'Inquisition n'a jamais sévi dans ce pays. Concrètement, à ce jour, les minorités chrétienne, juive et zoroastrienne sont représentées par cinq députés au Parlement, la liberté de culte est totale, leurs droits civiques sont ceux de tout citoyen du pays et l'éducation peut être reçue aussi bien à l'école publique que dans une école confessionnelle de leur choix.
Propos recueillis par Maurice Gendre
Rencontres - Les intervenants externes
« J'ai écrit ce livre dans l'urgence. Quelques minutes avant l'irréparable. En ce temps où notre monde bascule à toute allure dans un gouffre de non-sens, d'absurdité, où le mal se prend pour le bien et fait porter à celui-ci ses propres tares, j'ose élever une petite voix à contresens. Au tribunal de ce monde aux valeurs inversées, je plaide la cause de l'Axe du Mal, et accuse l'Axe du Bien. »
C'est en ces termes que Gilles Lanneau décrit son ambition et sa volonté de faire triompher la Vérité après la sortie de son ouvrage Iran, le mensonge (Diffusion International Edition).
Ce paysagiste de profession, qui a voyagé en Iran, en Inde et au Pakistan dans le cadre de recherches sur la naissance des grands mythes fondateurs de la culture indo-européenne et sur la survivance dans des régions reculées de traditions s'y rapportant, essaie de briser la propagande mensongère et criminelle qui s'abat sur l'Iran.
Entretien réalisé par Maurice Gendre
Qui fut le vainqueur de l'élection présidentielle en Iran ?
Sans équivoque le président sortant, Mahmoud Ahmadinejad. J'ai détaillé dans mon ouvrage Iran, le mensonge le déroulement démocratique des élections. Élections supervisées par des "scrutateurs" représentant les quatre candidats; et ensuite la manière dont furent traitées les plaintes déposées par les perdants, des plaintes avant tout destinées à une utilisation par les média étrangers.
Qui est réellement Mir Hossein Moussavi ? Qui le soutient ?
Le candidat réformateur Mir Hossein Moussavi, ancien premier ministre de la République Islamique d'Iran, a vraisemblablement servi de pion dans la stratégie américano-britannique visant à déstabiliser l'Iran.
J'en profite pour souligner que lesdits réformateurs sont avant tout des partisans du libéralisme économique soutenu par les classes aisées du pays alors que les supposés populistes ou ultra-conservateurs du parti présidentiel prônent et s'efforcent d'appliquer une répartition équitable des revenus du pays.
Que faut-il penser de Rafsandjani ?
Rafsandjani, ancien président de la République et candidat malheureux contre Ahmadinejad à l'avant dernière présidentielle, mais aussi l'un des hommes les plus riches du pays, vieux renard de la politique, pesant de tout son poids en tant que président du Conseil du Discernement sur les affaires du pays, est le moteur réel du mouvement réformateur dont Moussavi n'est que la vitrine « présentable ».
Qui étaient les véritables organisateurs et les soutiens des manifestants ?
Les Etats-Unis bien sûr. Madame Clinton l'a même affirmé publiquement.
L'Angleterre, de façon plus insidieuse mais non moins efficace (je vous renvoie à mon chapitre L'affaire Neda Agha-Soltan). La sale besogne revient aux Moudjahidins du Peuple et autres reliquats malsains de l'après Révolution.
Quels sont les succès économiques et sociaux de Mahmoud Ahmadinejad ?
D'abord, à mon sens, la loi-phare instaurée sous son premier mandat, mal perçue par l'élite cultivée du pays et complètement occultée par les média occidentaux, déclarant chaque citoyen actionnaire de la principale ressource iranienne, le pétrole. D'où la distribution de dividendes chaque année en fonction des bénéfices réalisés.
Viennent ensuite, dans la continuité de ses prédécesseurs : l'autosuffisance nationale en produits alimentaires de base, ce qui n'est pas une mince affaire compte tenu du climat à dominante semi-désertique; un système de sécurité sociale performant, un salaire minimum garanti, et la retraite après 30 ans d'activité professionnelle (25 ans pour les femmes) garantissant 95% du revenu salarial, plus une prime de départ.
Où en est le programme nucléaire iranien?
Le programme nucléaire iranien, civil précisons-le, découle du constat de l'augmentation croissante des besoins énergétiques du pays, due à l'augmentation de la population et à celle du niveau de vie, ainsi que la perspective d'un épuisement des ressources en hydrocarbures estimé à dans dix ans si le rythme de la consommation actuelle se poursuit.
Le nucléaire allié à l'hydroélectrique, à l'éolien et au solaire, fait donc partie des alternatives au « tout hydrocarbure ».
Quant à l'hypothèse du nucléaire militaire, les Iraniens sont parfaitement conscients que l'envoi d'une seule bombe A sur un pays tiers signerait l'anéantissement de leur propre pays.
Que dévoile l'affaire Sakineh ?
Cette affaire Sakineh est sortie tout droit du chapeau occidental au moment même où l'Iran procédait à la mise en service de la centrale nucléaire de Bousher. Une manière d'occulter l'échec des nombreuses tentatives pour faire « capoter » cette réalisation. De retour d'un voyage en Iran, je peux affirmer que l'application de la peine de mort par lapidation en Iran n'est qu'un mensonge supplémentaire à ajouter au dossier volumineux de la désinformation.
La peine capitale (par pendaison), que je désapprouve personnellement, n'est appliquée qu'aux meurtriers sans circonstances atténuantes ainsi qu'aux « gros bonnets » du trafic de la drogue.
Les querelles entre Ahmadinejad, Larijani et le guide suprême Khameney sont-elles aussi fortes qu'on le prétend en Occident ?
Le fait que le pouvoir du pays soit partagé à des degrés divers entre différentes composantes induit forcément quelques tiraillements. Rappelons que la Constitution iranienne a souhaité ces différentes composantes dans le but d'éviter toute tentation autoritariste. Ceci étant dit, la vision politique des trois hommes reste la même sur l'essentiel.
Quelle est l'influence de l'Iran dans les Territoires occupés et au sud-Liban ?
L'Iran aide les Palestiniens et le Hezbollah libanais, c'est indéniable. Une aide financière et matérielle laissant libre les parties de l'utiliser à leur convenance, semble-t-il.
De même que l'Occident vis-à-vis d'Israël ou des régimes africains qui leur conviennent. Mais pourquoi ne parle-t-on pas de même de l'aide similaire que procura l'Iran au commandant Massoud en Afghanistan, ou à l'Arménie chrétienne lors du conflit du Haut-Karabakh.
Quelles sont les factions qui poussent à la guerre ?
Des factions iraniennes ? Aucune à ma connaissance. Seul l'Occident saurait retirer des bénéfices à un conflit qui ne peut - au minimum - que rabaisser une puissance émergente et relancer par la même sa propre machine économique.
Que faut-il craindre pour l'Iran dans les semaines ou les mois qui viennent?
Le pire... ou rien du tout. Les Iraniens dans leur ensemble sont convaincus que ces bruits de bottes ne sont qu'un bluff d'intimidation, et rien de plus, j'ai pu le mesurer lors de mon dernier voyage.
Ont-ils raison? Saddam Hussein a cru la même chose... et s'en est mordu les doigts. Je pense que la plus grande vigilance est de rigueur, ce "pire" pouvant très bien arriver au moment où l'on s'y attend le moins.
L'Iran aura-t-il les moyens en cas d'attaque de riposter et d'infliger de lourdes pertes à ses agresseurs ?
Je n'en sais rien... tout en espérant que l'Iran -si cette malheureuse hypothèse se réalise - nous surprenne agréablement.
Quel est le sort des minorités religieuses en Iran?
J'ai consacré un sous-chapitre à ce sujet. L'Iran, à la suite de la Perse, a une longue tradition de tolérance religieuse.
La première déclaration des droits de l'homme a été dictée au VIème siècle avant notre ère par Cyrus le Grand et aucun tribunal de l'Inquisition n'a jamais sévi dans ce pays. Concrètement, à ce jour, les minorités chrétienne, juive et zoroastrienne sont représentées par cinq députés au Parlement, la liberté de culte est totale, leurs droits civiques sont ceux de tout citoyen du pays et l'éducation peut être reçue aussi bien à l'école publique que dans une école confessionnelle de leur choix.
Propos recueillis par Maurice Gendre
jeudi 9 décembre 2010
Marion Bergeron : "Pôle Emploi maltraite ses usagers comme son personnel"
Mercredi, 08 Décembre 2010 | Écrit par Maurice Gendre |
Rencontres - Les intervenants externes
L'auteur du pamphlet 183 jours dans la barbarie ordinaire - En CDD chez Pôle Emploi (Plon), Marion Bergeron, répond aux questions de Scriptoblog.
Une description sans concession du nouvel enfer social français.
Entretien réalisé par Maurice Gendre
1) Pouvez-vous expliquer comment vous avez été embauchée au Pôle Emploi ?
En Avril 2009, je suis arrivée au bout de mes indemnités assédic. Je n'avais plus la possibilité de chercher un emploi dans mon secteur : le graphisme. Pôle Emploi faisait la promotion du recrutement de 1840 agents. J'ai envoyé ma candidature comme une bouteille à la mer, sans trop y croire car je n'avais aucune expérience dans ce domaine. J'ai été convoquée pour un entretien très court. Les deux agents que j'ai alors rencontrés m'ont promis une formation qui me permettrait de devenir une vraie professionnelle. Le lendemain, je prenais mon poste dans une agence de la banlieue parisienne. L'équipe sur place n'était pas au courant de mon arrivée et, dès le deuxième jour, je me suis retrouvée seule pour assurer l'accueil, sans formation.
2) Vu de l'extérieur, l'efficacité de la fusion ANPE-ASSEDIC paraissait peu évidente. De plus, avec la hausse du chômage, elle semble être tombée au plus mauvais moment. Comment avez-vous vécu ce rapprochement ANPE-ASSEDIC ?
Je me suis vite rendue compte que Pôle Emploi n'était qu'une chimère de papier, un logo au-dessus des portes. Aucun moyen n'a été donné aux agents pour mettre réellement en place un nouveau service. Les formations n'étaient qu'une mascarade, les équipes étaient divisées et les demandeurs perdus. Pour moi, cette fusion est une catastrophe. Sa seule réalité est géographique, on a effectivement regroupé les agences. Pourtant, derrière, rien n'existe, ni le conseiller unique qui a été abandonné, ni la simplification des démarches qui se sont, au contraire, alourdies d'un niveau de filtrage supplémentaire dans les accueils.
Pour les demandeurs, Pôle Emploi est encore plus opaque et inaccessible. Pour les agents, leurs repères sont malmenés et ils ne savent plus trop en quoi consiste leur métier. Ajoutez à cela un contexte de pénuries d'emplois et l'ambiance devient réellement explosive.
3) Comment sont traités les salariés du Pôle et les demandeurs d'emploi qui y sont reçus ?
Aujourd'hui, Pôle Emploi maltraite ses usagers comme son personnel. En imposant des charges de travail incroyables, en transformant le sous-effectif en mode de fonctionnement normalisé, en vidant le suivi des demandeurs de son sens pour le transformer en simple machine à statistique, Pôle Emploi méprise tout le monde. Les conseillers ne peuvent plus exercer leur travail et les demandeurs ne peuvent plus bénéficier de l'aide dont ils ont besoin. Pôle Emploi est devenu une machine absurde et humiliante. C'est aussi ce que j'ai voulu raconter dans mon livre.
4) Quelles mésaventures ou quelles anecdotes (emblématiques selon vous), jugez-vous a posteriori les plus choquantes ?
Je me souviens d'un homme qui m'a menacée, insultée et physiquement malmenée. J'assurais simplement l'accueil et il avait reçu un avertissement avant radiation. Il ne voulait rien savoir. Il était à bout. Il voulait se venger de cette administration qui le méprisait, qui lui envoyait des courriers qu'il ne comprenait pas et qui ne faisait manifestement aucun cas des difficultés qu'il rencontrait. Ce jour-là, c'est moi qui tenait l'accueil, alors, c'est moi qui ai reçu toute cette violence. Aujourd'hui, je suis incapable de me souvenir de son visage. Pas parce que ma mémoire a choisi de l'oublier, mais simplement parce qu'il n'a pas été le seul, parce que les altercations sont quotidiennes, parce que j'ai fini par travailler dans un climat continuel de peur et de violence.
5) Avez-vous vu des collègues sombrer dans la dépression voire pire durant vos six mois au Pôle Emploi ?
Oui, j'ai vu de nombreux collègues craquer. Des conseillères qui pleurent la veille de leur départ en congé. Des arrêts maladie à répétition. Des agents qui n'arrivent simplement plus, de temps en temps, à venir travailler le matin. Quelques jours après la fin de mon contrat, un de mes collègues a tenté de mettre fin à ses jours. Personne dans l'agence n'a de doute sur l'origine de son malaise : Pôle Emploi. Aujourd'hui, la souffrance des agents est palpable : les arrêts maladies se multiplient.
6) Quel fut l'impact de cette expérience sur votre privée et familiale ?
De mon côté, je n'ai pas mieux résisté à ce cocktail de violence et d'impuissance. Il est difficile de rentrer chez soi, chaque soir, avec le récit d'une nouvelle incivilité, d'une nouvelle absurdité. J'ai fini par ne plus pouvoir dire ce que je vivais. Mon couple n'a pas résisté.
J'ai été plusieurs fois en arrêt maladie. Mon médecin, qui m'avait prescrit des antidépresseurs, a été soulagé lorsque j'ai refusé le CDI proposé par Pôle Emploi. Ce travail était réellement mauvais pour mon équilibre et pour ma santé. Et, la situation dans laquelle je me trouvais n'avait rien d'exceptionnel.
7) Que préconisez-vous pour que le Pôle Emploi sorte de l'ornière ? Existe-t-il une méthode pour permettre un retour à l'emploi dans des conditions dignes et honorables ?
Je pense que c'est le fonctionnement de Pôle Emploi qui est vicié. Ce n'est plus qu'une usine à chiffre dont la seule ambition est de nourrir un logiciel retord afin de fournir des statistiques. Les demandeurs ne sont que des lignes de chiffres à convoquer, à recevoir, à orienter, etc. Et les employés ne sont pas sensé avoir d'état d'âme.
Pour moi, il me parait urgent d'arrêter de traiter tous les demandeurs sur le même mode. C'est un public varié dont les attentes sont très différentes. Ceux qui sont autonomes n'ont absolument pas besoin de nos services. Il faut se concentrer sur la frange de la population la plus fragilisée, celle qui a vraiment besoin d'un accompagnement et revenir aux fondamentaux : rédiger les CV et les lettres de motivations, accompagner pour les entretiens, être réactifs et disponibles, etc.
8) Que comptez-vous faire désormais ? Avez-vous des projets ?
J'ai aujourd'hui repris mes études, une licence de webdesign, grâce à un financement du Fongecif. Je souhaite pouvoir travailler dans mon domaine, en tant que freelance car je suis aujourd'hui vaccinée contre le statut d'employé. J'espère ne plus jamais remettre les pieds chez Pôle Emploi.
Propos recueillis par Maurice Gendre
Rencontres - Les intervenants externes
L'auteur du pamphlet 183 jours dans la barbarie ordinaire - En CDD chez Pôle Emploi (Plon), Marion Bergeron, répond aux questions de Scriptoblog.
Une description sans concession du nouvel enfer social français.
Entretien réalisé par Maurice Gendre
1) Pouvez-vous expliquer comment vous avez été embauchée au Pôle Emploi ?
En Avril 2009, je suis arrivée au bout de mes indemnités assédic. Je n'avais plus la possibilité de chercher un emploi dans mon secteur : le graphisme. Pôle Emploi faisait la promotion du recrutement de 1840 agents. J'ai envoyé ma candidature comme une bouteille à la mer, sans trop y croire car je n'avais aucune expérience dans ce domaine. J'ai été convoquée pour un entretien très court. Les deux agents que j'ai alors rencontrés m'ont promis une formation qui me permettrait de devenir une vraie professionnelle. Le lendemain, je prenais mon poste dans une agence de la banlieue parisienne. L'équipe sur place n'était pas au courant de mon arrivée et, dès le deuxième jour, je me suis retrouvée seule pour assurer l'accueil, sans formation.
2) Vu de l'extérieur, l'efficacité de la fusion ANPE-ASSEDIC paraissait peu évidente. De plus, avec la hausse du chômage, elle semble être tombée au plus mauvais moment. Comment avez-vous vécu ce rapprochement ANPE-ASSEDIC ?
Je me suis vite rendue compte que Pôle Emploi n'était qu'une chimère de papier, un logo au-dessus des portes. Aucun moyen n'a été donné aux agents pour mettre réellement en place un nouveau service. Les formations n'étaient qu'une mascarade, les équipes étaient divisées et les demandeurs perdus. Pour moi, cette fusion est une catastrophe. Sa seule réalité est géographique, on a effectivement regroupé les agences. Pourtant, derrière, rien n'existe, ni le conseiller unique qui a été abandonné, ni la simplification des démarches qui se sont, au contraire, alourdies d'un niveau de filtrage supplémentaire dans les accueils.
Pour les demandeurs, Pôle Emploi est encore plus opaque et inaccessible. Pour les agents, leurs repères sont malmenés et ils ne savent plus trop en quoi consiste leur métier. Ajoutez à cela un contexte de pénuries d'emplois et l'ambiance devient réellement explosive.
3) Comment sont traités les salariés du Pôle et les demandeurs d'emploi qui y sont reçus ?
Aujourd'hui, Pôle Emploi maltraite ses usagers comme son personnel. En imposant des charges de travail incroyables, en transformant le sous-effectif en mode de fonctionnement normalisé, en vidant le suivi des demandeurs de son sens pour le transformer en simple machine à statistique, Pôle Emploi méprise tout le monde. Les conseillers ne peuvent plus exercer leur travail et les demandeurs ne peuvent plus bénéficier de l'aide dont ils ont besoin. Pôle Emploi est devenu une machine absurde et humiliante. C'est aussi ce que j'ai voulu raconter dans mon livre.
4) Quelles mésaventures ou quelles anecdotes (emblématiques selon vous), jugez-vous a posteriori les plus choquantes ?
Je me souviens d'un homme qui m'a menacée, insultée et physiquement malmenée. J'assurais simplement l'accueil et il avait reçu un avertissement avant radiation. Il ne voulait rien savoir. Il était à bout. Il voulait se venger de cette administration qui le méprisait, qui lui envoyait des courriers qu'il ne comprenait pas et qui ne faisait manifestement aucun cas des difficultés qu'il rencontrait. Ce jour-là, c'est moi qui tenait l'accueil, alors, c'est moi qui ai reçu toute cette violence. Aujourd'hui, je suis incapable de me souvenir de son visage. Pas parce que ma mémoire a choisi de l'oublier, mais simplement parce qu'il n'a pas été le seul, parce que les altercations sont quotidiennes, parce que j'ai fini par travailler dans un climat continuel de peur et de violence.
5) Avez-vous vu des collègues sombrer dans la dépression voire pire durant vos six mois au Pôle Emploi ?
Oui, j'ai vu de nombreux collègues craquer. Des conseillères qui pleurent la veille de leur départ en congé. Des arrêts maladie à répétition. Des agents qui n'arrivent simplement plus, de temps en temps, à venir travailler le matin. Quelques jours après la fin de mon contrat, un de mes collègues a tenté de mettre fin à ses jours. Personne dans l'agence n'a de doute sur l'origine de son malaise : Pôle Emploi. Aujourd'hui, la souffrance des agents est palpable : les arrêts maladies se multiplient.
6) Quel fut l'impact de cette expérience sur votre privée et familiale ?
De mon côté, je n'ai pas mieux résisté à ce cocktail de violence et d'impuissance. Il est difficile de rentrer chez soi, chaque soir, avec le récit d'une nouvelle incivilité, d'une nouvelle absurdité. J'ai fini par ne plus pouvoir dire ce que je vivais. Mon couple n'a pas résisté.
J'ai été plusieurs fois en arrêt maladie. Mon médecin, qui m'avait prescrit des antidépresseurs, a été soulagé lorsque j'ai refusé le CDI proposé par Pôle Emploi. Ce travail était réellement mauvais pour mon équilibre et pour ma santé. Et, la situation dans laquelle je me trouvais n'avait rien d'exceptionnel.
7) Que préconisez-vous pour que le Pôle Emploi sorte de l'ornière ? Existe-t-il une méthode pour permettre un retour à l'emploi dans des conditions dignes et honorables ?
Je pense que c'est le fonctionnement de Pôle Emploi qui est vicié. Ce n'est plus qu'une usine à chiffre dont la seule ambition est de nourrir un logiciel retord afin de fournir des statistiques. Les demandeurs ne sont que des lignes de chiffres à convoquer, à recevoir, à orienter, etc. Et les employés ne sont pas sensé avoir d'état d'âme.
Pour moi, il me parait urgent d'arrêter de traiter tous les demandeurs sur le même mode. C'est un public varié dont les attentes sont très différentes. Ceux qui sont autonomes n'ont absolument pas besoin de nos services. Il faut se concentrer sur la frange de la population la plus fragilisée, celle qui a vraiment besoin d'un accompagnement et revenir aux fondamentaux : rédiger les CV et les lettres de motivations, accompagner pour les entretiens, être réactifs et disponibles, etc.
8) Que comptez-vous faire désormais ? Avez-vous des projets ?
J'ai aujourd'hui repris mes études, une licence de webdesign, grâce à un financement du Fongecif. Je souhaite pouvoir travailler dans mon domaine, en tant que freelance car je suis aujourd'hui vaccinée contre le statut d'employé. J'espère ne plus jamais remettre les pieds chez Pôle Emploi.
Propos recueillis par Maurice Gendre
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